L’heure du conte (suite)

20 septembre 2016 0 Par EDITEURS
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Derrière la bonne fée à l’origine des cités de cheminots, se cachaient d’authentiques seigneurs du rail ayant pour nom Raoul Dautry ou Paul-Émile Javary, ingénieurs, qui croyaient en leur mission d’apporter au pays un réseau ferré moderne et des conditions de vie plus qu’acceptables par leurs salariés.

Mais le grand seigneur parisien recevait des informations inquiétantes et face à des revendications éparpillées il décide de centraliser tout son réseau afin d’avoir la main sur les contestataires.

Plus tard, les fées avides de vitesse lui soufflent à l’oreille un sigle, TGV, qui devient un puissant courant balayant toute l’œuvre antérieure d’organisation du fret et conduisant à l’arrêt les gares de triage.

D’autres fées plus maléfiques lui font admettre que les routes entretenues par les impôts du petit peuple seraient plus utiles et rapporteraient plus d’écus en coûtant moins cher que le rail.

Mais le TGV est dispendieux et réclame tant et si bien que la cassette du grand seigneur n’y suffit plus. Dès lors, les jolies maisons sont abandonnées et périclitent sous les intempéries tandis que l’herbe envahit les voies.

Quelques princes locaux néanmoins se rebellent et tentent de corriger les conséquences de ce déclin en intervenant sur le domaine du seigneur par le biais d’arrangements ponctuels pour sauver ce qui peut encore l’être.

Ce pourrait être une belle histoire à raconter le soir aux enfants si ce n’est que la bonne volonté n’exclut pas la compétence et l’absence de concertation véritable ainsi que les concessions aux grands méchants loups ont entrainé des disparitions de jolies maisons et des absurdes dispositifs de briques maladroitement installés gênant tous les piétons.

Il en va de ce conte comme tous les autres et chacun en tirera sa propre conclusion sur le déroulement d’une histoire vraie dans laquelle chaque acteur a cru bien faire pour procurer à chacun le bien-être et le plaisir d’humer l’air et le soleil dans un cadre agréable.

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