Les passeurs de mémoire

20 décembre 2016 0 Par EDITEURS
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Boutiques de l’Avenue Roger Salengro.

Le Bavard en rencontre régulièrement et cette fois il donne la parole à Mme Houvenaguel et à M. Tredez qui tous deux chacun à leur manière nous expliquent la vie de la cité aux temps pas si anciens que cela.

De sa mémoire fabuleuse, Mme Houvenaguel extirpe des séquences pleine de vie et nous décrit l‘avenue Roger Salengro débordante d’activités commerciales en citant boutique par boutique le foisonnement des magasins qu’ils soient alimentaires, utilitaires, ludiques avec les jouets pour enfants et bien sûr de charme avec la mode vestimentaire et les coiffeurs pour dames.*

Rien n’échappe à ses souvenirs dans lesquels l’école Curie occupe une large place et dont le fronton orné d’une céramique très riche et colorée représentant une classe d’élèves lui procure un moment d’émotion.

L’évènement dramatique du bombardement d’avril 44 lui rappelle des moments personnels et notamment la présence du Cardinal Liénart conduit par son père vers la morgue provisoire installée dans la salle Beaulieu.

De son côté, M. Trédez a vécu des moments intenses lors de la confrontation avec les élus et la SNCF sur l’abandon progressif des logements de la cité par l’application du fameux article PS13 rejetant à l’extérieur les retraités sans que ces logements libérés soient demandés par les jeunes cheminots recrutés.

Il rappelle qu’à l’époque des années 70, les maisons familiales de Cambrai récemment construites en lisière du quartier offraient un confort et un aménagement supérieurs aux anciennes maisons par ailleurs mal entretenues par la SNCF.

Les réunions qui se succédaient à Beaulieu faisaient salle comble dans une ambiance houleuse tandis que les premières destructions de logements historiques se focalisaient sur les impasses de la rue Goubet dont il ne reste rien, remplacées par des maisons vastes et confortables mais peu accessibles aux cheminots.

M. Tredez nous cite aussi une anecdote sur la petite école maternelle de la rue Deberdt ; celle-ci qui ne s’appelait pas encore Demory devait être remplacée mais les plans de l’architecte avaient été conçus pour remplacer l’école de la place Demory jugée vétuste qui s’inscrivait dans une belle circonférence arborée !

De ce fait l’école d’aujourd’hui s’appelle Demory et sa conception est bien ronde comme l’exigeait la place du même nom qui a perdu avec son école une jolie perspective d’urbanisme tandis que le beau fronton de céramique disparaissait pour toujours.

Ainsi vont et viennent les éléments d’un passé architectural dans un quartier riche de son vécu social dont il convient de garder l’essentiel et notamment la nécessité d’associer la population aux décisions qui touchent son quotidien.

Partant de la place Jules Duhoo : trottoir de droite: Coquel, Lardet, Boquet, Descamps, Eden Baby,Derbécourt, Coiffeur Vermeulen, Bazad, Café, Les Coop, Allemon, Bouchard,

Sur la gauche : Café Cheminot, Café La Cave, Una fruit, Jouets Marquillies, Meubles puis Boulangerie, Bourgeois, coiffeur, Corsets, Boucherie Ghestières, vêtementBo

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