Des trains dans le Marais

6 septembre 2020 0 Par EDITEURS
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La construction de la gare de triage de Lille-la-Délivrance à Lomme a eu des conséquences inattendues et parfois bienvenues.

La construction de la gare de triage de Lille-la-Délivrance à Lomme a offert des opportunités aux industriels du Marais qui se sont empressés de les saisir. Si la gare a été bâtie sur le territoire de Lomme, c’est parce qu’il y avait des espaces disponibles et qu’il était nécessaire de désengorger le site lillois qui ne pouvait plus accueillir le trafic de marchandises nécessaire à l’activité économique de la métropole lilloise.

Une image contenant texte, carte

Description générée automatiquement Mais nos chefs d’entreprise, à Lomme, en ont profité également. Ils ont fait construire des lignes ferroviaires qui reliaient la gare à leurs usines. Ce fut le cas dans le Marais. Une première voie quittait le faisceau des embranchements pour emprunter la rue Kuhlmann jusqu’à la rue Jean-Baptiste Dumas. Une seconde descendait vers la Deûle en passant par la rue de l’ancienne Balaterie, puis la rue Jean-Jacques Rousseau, avant de bifurquer devant l’usine Jeanson, de passer derrière les maisons de la rue de l’Etoile (rue des Martyrs de la Résistance) jusqu’à la rue Lenglart (rue Winston Churchill) où elle rejoignait le bord de la Deûle et toutes ses activités industrielles. On peut en voir le parcours sur le plan joint à l’article, qui date de 1934.

Si elle était bénéfique pour l’activité de la commune, cette circulation des trains dans certaines rues de Lomme n’en devait pas moins poser des problèmes de sécurité et de nuisance, qui conduisirent le maire Eugène Dereuse à prendre un arrêté le 11 avril 1931 afin de la réglementer. Trois points principaux en ressortent. Tout d’abord, la vitesse des trains était limitée à 4 km/h maximum. Ensuite, ceux-ci devaient être précédés, cinq mètres devant eux, d’un pilote muni d’une trompe et d’un drapeau rouge pour signaler son arrivée. Enfin, la locomotive devait toujours se situer en tête du mouvement et tout refoulement était interdit. Ajoutons que la circulation des trains de nuit n’était pas autorisée.

Cette époque est aujourd’hui révolue. Il n’en reste dans le paysage qu’un passage dégagé à l’arrière des maisons de la rue des Martyrs de la Résistance. Dans notre langage contemporain concernant les transports, cette possibilité de relier les entreprises, les rails et la voie d’eau, on appelle cela de l’intermodalité. Mais comme nous le montre l’exemple des trains dans le Marais de Lomme, nous n’avons rien inventé et tout cela se pratiquait déjà il y a cent ans !

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