Les jardins de la délivrance

24 décembre 1996 0 Par EDITEURS
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Dans notre quartier existent encore quelques parcelles de terrain, occupées par des jardins mis en location par la S.N.C.F. Appelés autrefois « jardins ouvriers », leur dénomination actuelle est « jardins familiaux ».

Cette nouvelle formule reflète davantage la diversité des situations familiales et sociales des pratiquants. Jadis installés dans l’enceinte de la gare, ils en furent chassés par les différents remembrements. Aujourd’hui une quarantaine de personnes sont concernées par cette pratique. Quelques-unes, par manque de jardins libres, ont squattés les terrains de certaines maisons abandonnées. Ce nombre important de jardiniers produit une grande variété dans Ies habitudes, les « savoir faire » et les « spécialités ». Il y a les « nouveaux » pleins d’espoir et de projets, les ‘ephemères » qui ne tiennent que quelques saisons, les « touristes »qui ne font que passer, deçus de constater que la terre soit si basse, les « anciens » qui ont « fait le dépôt » ou la « raquette » et qui en sont à leur troisième ou quatrième déménagement. Il y a les « permanents » qui passent une bonne partie de la journée dans leur domaine, « les visiteurs » qui y font de fréquentes apparitions journalières, Ies « matinaux » qui viennent aux premieres heures du jour pour éviter la chaleur ou pour se libérer la journée. ll y a les « intellectuels » qui consultent beaucoup les notices des grainetiers et les revues spécialisées, « les rêveurs » qui jardinent avec la lune, les « intuitifs » qui ont comme seul barometre la douleur dans le pied droit droit ou la crise de lumbago, annonciatrice de pluie. II y a « les traditionnels », fidèles aux variétés ancestrales de légumes, les « novateurs », a l’affut de la dernière production d’hybride, les « explorateurs » qui multiplient les essais et les experiences personnelles. Il y a les « toujours pressés » qui oublient que la nature prend tout son temps, les « toujours en retard » qui oublient que la nature n’attend pas. – II y a le « spécialiste du melon’ le « roi du Dahlia » Ie « collectionneur de potirons », l’amoureux des pensées ». Il y a en fait une multitude de comportements qui fait le charme et la richesse de cette activité .

Un point commun cependant réunit tous ces jardiniers. La très grande majorité est en effet à regrouper dans une dernière catégorie : les « mordus » ceux pour qui le contact de la terre, la présence de la nature, la vie au grand air sont indispensables.

Aujourd’hui on parle de rénovation de la cite. Que vont devenir ces jardins ? Vont- ils disparaitre ? Dans ce cas, ils pourront après le kiosque, après le mirador, devenir un sujet d’article pour Mr Jacquart, le spécialiste du patrimoine disparu.

Vont ils demeurer? C’est en tout cas. cette hypothèse que souhaitent les pratiquants. L’activité jardinage ne pourrait-elle pas avoir, elle aussi, sa petite place au soleil, les jardins familiaux peuvent, au meme titre qu’une bibliothèque ou un terrain de football, être considérés comme des équipements socio-culturels.

C. Vercoutre

Amis jardiniers. Veuillez noter qu’il existe depuis quelques temps une nouvelle association. Cette association « Traditions et loisirs du jardinage » est reservée aux membres d’organisations nationales de jardiniers (jardins du cheminot, jardiniers de France…). Elle complete au niveau local les activités de celles-ci. Elle propose trois reunions-conferences par an. En voici les dates et lieux :

  • Vendredi 15 novembre à 18 h salle du Denier
  • Vendredi 17 janvier à 18h salle Jean Jaurès (mairie)
  • Vendredi 21 mars à 18h salle Beaulieu (délivrance)

A chaque réunion

  • Tombola gratuite
  • prêt de livres et de vidéo-cassettes sur le jardinage
  • animations diverses
  • conférence par un professeur d’horticulture

Adhésion 10 Francs

Pour tous renseignements, contactez C Vercoutre au 03.20.09.95.6

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